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Premières étapes d’une évaluation de l’utilisation de variétés améliorées de manioc dans l’Est du Cameroun avec la méthode ImpresS ex post

Des ateliers participatifs révèlent la place des variétés de manioc entre agriculture familiale, exploitation minière et mouvements migratoires.

Le manioc se situe au premier rang des produits agricoles qui concourent à la sécurité alimentaire du Cameroun. Les produits dérivés issus du manioc rentrent dans l’alimentation de base de 7 à 8 millions de camerounais représentant une part significative (8 %) de l’apport nutritionnel journalier occupant la deuxième position derrière la banane plantain (près de 10 %).

Du 12 au 20 Juillet, deux économistes du Cirad (Syndhia Mathe et Genowefa Blundo Canto) et deux stagiaires (Fatoumata Bissan, SupAgro, et Adama Sy, Université de Paris Sud) ont mené, via différentes activités scientifiques et de terrain, la première étape d’une évaluation ex post des impacts de la diffusion de variétés améliorées de manioc du projet Food for Progress (2004-2008), dans l’arrondissement de Betaré Oya et ses environs, en région Est du Cameroun. Les travaux se sont appuyés sur la méthode ImpresS ex post (https://impress-impact-recherche.cirad.fr/ https://doi.org/10.19182/agritrop/00005).Cette méthode vise à évaluer de façon systémique un processus d’innovation en renseignant le chemin de l’impact qui le caractérise, et en analysant les situations de renforcement de capacités afin de comprendre la contribution des différents acteurs  et particulièrement celle de  la recherche. Au-delà, de l’évaluation de l’impact, le travail mené a pour objectif de mieux appréhender et intégrer les méthodes d’évaluations qualitatives et quantitatives, de mettre à l’épreuve la méthode ImpresS dans différents contextes d’intervention du Cirad et de tirer des leçons sur les modèles d’intervention de la Recherche dans le développement. Ce travail est cofinancé par des fonds ImpresS (Cirad) et le programme CGIAR RTB (Racines, Tubercules et Bananes).

Dans un premier temps, la méthode ImpresS ex post fut présentée à l’IITA, à Yaoundé, le 13 Juillet dans le cadre d’un séminaire scientifique, avec la participation de plusieurs chercheurs de l’IITA, de l’IRAD, de Bioversity International et du CIFOR.

Deux autres ateliers ont par la suite été conduits avec des participants du projet Food for Progress dans l’arrondissement de Betaré-Oya   : le premier, le 17 juillet, avec les représentants locaux du MINADER (Chefs de postes et Délégués), le second, le 18 juillet, avec 20 producteurs de manioc bénéficiaires du projet. Un dernier atelier a eu lieu à Yaoundé le 20 Juillet, et a impliqué les chercheurs de l’IITA et de l’IRAD ayant un lien avec  le projet.

Des résultats préliminaires montrent que les variétés sélectionnées diffusées par le projet sont appréciées par les paysans pour ses taux de rendement et sa résistance aux maladies, mais le niveau d’adoption de celle-ci est contrasté en fonction des zones de l’arrondissement de Bétaré -Oya. Différentes raisons expliquent ce phénomène, incluant des questions reliées au cycle de production de la variété sur des sols différents, des problèmes d’invasion de champs par les animaux reliés aux activités de réfugiés venus de Centrafrique, et le boom de l’exploitation minières spécialement entre 2009 et 2014. Aujourd’hui, de nouveaux acteurs semblent vouloir stimuler l’utilisation de ces variétés dans l’arrondissement sur la requête des paysans

En septembre 2018, des ateliers de restitution-validation seront organisés pour partager les résultats des analyses de données qualitatives et quantitatives avec les délégués, les agriculteurs et les chercheurs. Un rapport détaillé et une publication scientifique présenteront les résultats finaux de l’évaluation.

Publiée : 24/07/2018

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